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Nyrstar refond son SI à l’international et dope son efficacité

Transformer l’infrastructure informatique globale de Nyrstar

Transformer l’infrastructure informatique globale de Nyrstar, grand nom de l’industrie minière, n’est pas chose aisée. Comment desservir plus de
6 500 utilisateurs, dont la plupart travaillent dans des zones difficiles et reculées ?

Comment concevoir un SI capable d’accompagner durablement une croissance rapide ? Éléments de réponse avec Erwin von Dölling, Responsable de l’infrastructure, des opérations et de la planification informatique chez Nyrstar.

Comment le département informatique est-il organisé chez Nyrstar ?
Je suis responsable de l’infrastructure et des opérations informatiques internationales, qui couvrent nos centres de données, notre infrastructure réseau et les opérations de tous ces services. Je travaille en étroite collaboration avec le directeur des applications de l’entreprise et nous rendons tous les deux comptes au DSI groupe. Mais chez Nyrstar, l’informatique n’est qu’un élément d’un ensemble plus large de systèmes de gestion de l’entreprise, qui vise à permettre le fonctionnement de celle-ci, à travers des solutions intégrant des processus, des applications et une infrastructure.

Quelles sont les demandes particulières du secteur minier en termes de TIC et comment se traduisent-elles dans vos principaux défis actuels ?
Les prix des matières premières fluctuent continuellement et il est donc impératif que nous soyons extrêmement souples quant à nos structures de coûts et nos dépenses opérationnelles. Par conséquent, nous exigeons une transparence totale et un très grand contrôle de nos systèmes de gestion. Notre objectif premier est d’uniformiser les systèmes en place à travers un outil intégré. L’entreprise a en effet connu une croissance externe considérable au cours des huit dernières années, et plus de quinze structures IT distinctes nous ont rejointes depuis 2007. Chacune a sa propre structure de coûts, son propre plan comptable et sa manière de travailler. Une telle fragmentation induit nécessairement des problèmes de fonctionnement et un manque de transparence sur nos actifs. Notre objectif a donc été de construire un modèle intégré unique, au moyen duquel nous pourrions fournir des services informatiques sur la base de niveaux de service convenus en interne. Il y a deux ans que nous avons entamé ce processus de transformation et nous avons fait des progrès significatifs. La phase de planification est achevée et nous opérons désormais comme une seule entité, qui offre une lisibilité financière bien supérieure. Cependant, nous avons encore du travail avant d’atteindre une transparence totale sur l’ensemble de notre infrastructure et sur les différents sites Nyrstar. La plupart de ces projets prennent du temps. Par exemple, nous avons récemment réalisé une migration globale de notre réseau avec BT Global Services, en remplaçant nos anciens réseaux fragmentés par un seul réseau, basé sur une même architecture de référence. Désormais, nous pourrons mieux prédire l’impact des nouveaux projets et des
nouvelles applications sur le réseau et optimiser son utilisation. Les projets de cette envergure sont stimulants.

L’entreprise offre-t-elle des opportunités spécifiques pouvant vous permettre d’atteindre ces objectifs ?
Nous avons eu la chance de pouvoir réaliser cette transformation informatique en parallèle de la transformation d’entreprise globale de Nyrstar, qui est en passe de devenir une entreprise globale intégrée constituée de trois segments verticaux : le minier, le traitement et la commercialisation des métaux, l’approvisionnement et la vente. La transformation de la société a parfaitement concrétisé notre vision d’une organisation unifiée des systèmes de gestion. De plus, les projets associés à la transformation nous ont permis de créer des solutions et de la valeur en appréhendant et en définissant les processus d’entreprise et en les automatisant par le biais d’applications lorsque cela était nécessaire.

Cette démarche a aussi permis de mettre en évidence des gisements de performance inexploités. À mesure que notre infrastructure informatique gagne en transparence, nous découvrons de nombreuses opportunités de réduction des coûts ou d’amélioration de notre service. Par exemple, dans le cadre d’un accord-cadre avec Microsoft, nous possédons une licence d’utilisation pour Lync, alors que jusqu’ici nous utilisions une autre solution pour les réunions en ligne. Nous avons donc déployé Lync sur l’ensemble de l’entreprise et avons alloué le budget initialement prévu à un service de partage de bureau qui a été mis en place à la fin du 1er trimestre 2014. Nous avons également l’opportunité d’améliorer la configuration de notre infrastructure de vidéoconférence, afin que les utilisateurs puissent initier des sessions plus facilement et que l’ensemble de l’environnement soit entretenu et géré par une équipe centralisée. Jusqu’à récemment, ce type de fonctionnement était problématique car les appareils étaient configurés différemment selon les sites et n’étaient pas accessibles à distance. Notre but est de devenir une référence mondiale en matière de gestion des ressources et des activités informatiques, opérées de façon globale par une équipe internationale.

Par la suite, il y aura de nombreuses opportunités à explorer afin de mieux exploiter notre nouveau réseau BT, comme l’utilisation de solutions de voix sur IP, la généralisation de la vidéoconférence ou encore l’optimisation de l’utilisation de nos centres de données, afin qu’ils prennent en charge encore davantage de services. Actuellement, en raison de difficultés liées à notre ancien réseau, un certain nombre de solutions étaient en effet hébergées localement. La mutualisation des ressources va nous offrir une grande agilité. Nous accordons beaucoup d’importance au rapport coût/efficacité. Nous sommes d’ailleurs une direction extrêmement efficiente, puisque nos coûts de fonctionnement n’excèdent pas 0,8 % du chiffre d’affaires global de Nyrstar. L’entreprise réalise ici un résultat remarquable, comparé à la norme de l’industrie qui se situe entre 1,2 et 1,5 %. Et ce sans sacrifier la qualité des services informatiques fournis ni notre capacité à créer de la valeur pour l’entreprise.

Concernant les communications unifiées et les outils collaboratifs, quelles technologies avez-vous mises en oeuvre jusqu’à présent et que prévoyez-vous pour l’avenir ? Ont-elles un impact sur votre façon de travailler ?
Nous souhaitons vivement renforcer nos outils collaboratifs. La mise à niveau et l’utilisation de plus en plus large de Microsoft SharePoint et de Lync font partie de cette stratégie. Toutefois, un certain nombre de nos sites sont très reculés et disposent d’un accès mobile limité. Nous avons donc besoin de déployer des outils collaboratifs capables de fonctionner dans ces conditions particulières. C’est un paramètre bien spécifique, et qui pose beaucoup plus de difficultés qu’un environnement urbain, par exemple. Mais nous comptons sur BT pour nous accompagner dans ce défi et nous apporter des solutions performantes et novatrices pour nous permettre d’améliorer la collaboration avec nos équipes évoluant dans des sites reculés.

Avez-vous lancé des projets autour du Bring Your Own Device ?
Nous avons choisi d’autoriser le BYOD, sans toutefois mettre en place de stratégie dédiée. À l’heure actuelle, les salariés peuvent se connecter à leur compte mail professionnel en utilisant leurs appareils personnels, mais nous ne faisons pas la promotion de ce type d’accès. Un sondage nous a indiqué que les collaborateurs étaient assez réservés concernant le BYOD, et la plupart préfèrent que l’entreprise leur fournisse un appareil mobile. De plus, dans certaines de nos régions d’implantation, le BYOD est inapproprié du fait de la faible couverture réseau.

Comment considérez-vous les médias sociaux ? Une opportunité, une menace ?
Les medias sociaux sont un moyen de communication que nous employons, sans toutefois être aussi actifs que bon nombre d’entreprises. Nous reconnaissons les risques associés aux médias sociaux, mais aussi la valeur qu’ils peuvent apporter pour promouvoir notre marque et informer nos principaux partenaires, en interne et en externe. À l’heure actuelle, nous nous concentrons sur notre infrastructure existante et la valeur que nous pouvons en extraire. Je ne pense pas que les médias sociaux constituent une menace s’ils sont bien appréhendés et que leurs implications sont comprises. Bien évidemment, si les gens commencent à parler de manière inappropriée de l’entreprise sur Facebook et LinkedIn, cela pourrait nuire à notre réputation. Mais de tels problèmes sont couverts par les politiques de l’entreprise et régulièrement abordés dans nos communications internes. D’une manière générale, nos collaborateurs utilisent beaucoup ces outils pour promouvoir leurs idées au sein de l’entreprise, ce que nous encourageons naturellement.

Comment décririez-vous le rôle de l’informatique dans votre organisation ? Est-il reconnu comme un « facilitateur » ? Et votre rôle a-t-il changé à cet égard ?
Le nom de notre département, systèmes d’entreprise, indique bien que l’ambition de notre société est de faire de l’IT un vecteur de croissance. Aujourd’hui, une DSI doit être alignée sur les priorités business de l’entreprise. Il ne s’agit pas d’utiliser la technologie de manière gratuite. Nous échangeons constamment avec les métiers pour réfléchir à la manière d’améliorer leur efficacité et leur productivité. Cela fait donc un certain temps que ma fonction est étroitement liée à la performance de l’entreprise.

Que pensez-vous du cloud computing ?
Je trouve qu’il y a beaucoup de battage autour du cloud. Néanmoins, les développements de ce type d’infrastructure ont atteint un tel niveau de maturité qu’ils offrent indéniablement d’énormes avantages, principalement en termes de souplesse. Le cloud permet de limiter les investissements tout en offrant des niveaux de service largement supérieurs à ce qu’ils étaient il y a dix ans. Nous attendons donc avec impatience que BT offre un service de téléphonie en cloud.

A contrario, le cloud peut introduire un certain flou sur la localisation des services, mais de tels défi s sont gérables si vous êtes rigoureux dans votre organisation et dans la mise à jour de la documentation de configuration de votre environnement.

Et en termes de sécurité ?
C’est un sujet qui est fréquemment évoqué comme un obstacle à l’adoption du cloud. La sécurité constitue un enjeu fondamental pour toutes les sociétés et doit être abordée comme tel. Nous avons des politiques de sécurité claires applicables à tous les services. Tous les nouveaux processus informatiques font l’objet d’un contrôle rigoureux. Nous avons déjà un certain nombre de services en production et nous contrôlons la sécurité de chaque processus en service, afin de nous assurer que tous sont conformes aux normes de sécurité et au référentiel pour la sécurité des informations que nous avons récemment publié. C’est une entreprise conséquente et nous nous concentrons donc sur les processus d’entreprise stratégiques en premier lieu. Notre ERP, nos plates-formes de gestion des risques, d’emails et de gestion de la mobilité sont nos priorités actuelles. La sécurité est un processus continu qui doit anticiper continuellement les nouveaux enjeux, mais cela ne nous empêchera pas d’utiliser les services issus du cloud lorsqu’ils seront adaptés, maîtrisés et alignés avec l’architecture de notre entreprise.

Vous avez mentionné votre collaboration avec BT. Comment se déroule-t-elle ?
Nyrstar a signé un contrat mondial avec BT pour notre réseau international, et nous avons bâti une relation très étroite et profitable. Nous avons notamment pu mesurer l’engagement de BT au cours des six derniers mois, à l’occasion de la migration globale de notre réseau, lorsque nous avons dû faire migrer de nombreux sites en très peu de temps. Le défi était de taille du fait de la variété et de l’implantation particulière de nos sites, sans compter que cette migration intervenait juste après la bascule vers notre nouveau Data Center. Or, la migration s’est faite sans la moindre rupture d’activité, dans des conditions optimales. Ce succès tient beaucoup à la qualité de la préparation en amont, et aux nombreux échanges entre les chefs de projet. Aujourd’hui, un an après le début de notre collaboration avec BT, nous ne pouvons que nous féliciter de cette relation, et nous continuons à travailler ensemble afi n d’améliorer la qualité du service de bout en bout.

Maintenant que notre réseau global est pleinement maîtrisé, nous envisageons de déployer des services additionnels, notamment dans le domaine de la voix sur IP. Nous ne souhaitons pas renouveler notre infrastructure PBX et il nous semble intéressant de réfléchir à une solution de téléphonie qui nous permettrait de convertir notre budget télécom en Opex. La décision sera prise en fonction de la rentabilité globale de l’opération.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis des fournisseurs TIC ?
J’attends d’eux qu’ils soient plus que de simples exécutants. Un bon partenaire ne doit pas s’enfermer dans une démarche purement réactive. Au contraire, j’attends qu’ils comprennent les enjeux et le métier de mon entreprise et qu’ils m’aident à identifier les technologies qui pourront l’aider à évoluer. J’attends de mes fournisseurs un véritable partenariat : qu’ils m’accompagnent en s’assurant que l’environnement est maîtrisé, en partageant leurs idées, en échangeant régulièrement sur les opportunités à saisir et en les concrétisant avec nous si nécessaire. C’est le cadre que nous avons fixé à BT, qui est devenu notre principal fournisseur réseau, et ils sont résolument engagés dans la démarche proactive que nous attendons d’eux.

Enfin, la dernière qualité attendue chez un fournisseur est évidemment sa capacité à tenir ses engagements, en respectant les délais et le budget. Un prestataire doit se focaliser  sur la valeur, bien sûr, mais en aucune manière ignorer les coûts, car ces derniers ont une importance capitale pour toute entreprise.



Erwin von Dölling,
responsable de l’infrastructure,
des opérations et de
la planification informatique
chez Nyrstar